Main de Massiges

La forêt d’Argonne et les monts de Champagne sont au centre des combats de la Première Guerre Mondiale. Traversés par les troupes françaises se dirigeant vers la Belgique en août 1914, ils sont le pôle de résistance sur lequel butte la contre offensive  allemande. En 1915, l’Argonne forestière, la Main de Massiges et la butte de Vauquois illustrent la dramatique guerre de grignotage. La région ne retrouve son rôle moteur que grâce à l’offensive américaine de 1918.

La formation du front de l’Argonne en 1914 : Le 2 août 1914, en annonçant à ses chefs d’armée sont intention de prendre l’offensive en Lorraine annexée, le Général Joffre attribue aux trois armées françaises concentrées en Meuse et dans les Ardennes un rôle second mais non secondaire. La Vème armée est chargée d’engager l’action en direction de Thionville et Luxembourg, la IIIème armée confiée au Général Ruffey est concentrée sur les Hauts de Meuse à l’est de Verdun,tandis que la IVème armée constitue une réserve concentrée dans les régions de Toul et Sainte-Ménehould. Après la bataille de la Marne, l’Argonne devient un verrou de septembre 1914 à septembre 1918. La Vème armée du Kronprinz impérial met fin à son repli sur les hauteurs de Montfaucon. La création d’un front continu entre la Champagne et la Meuse rend dès lors nécessaire une installation en Argonne. Le 24 septembre, les premiers éléments allemands pénètrent dans la forêt. Par sa situation géographique, la forêt d’Argonne va constituer un trait d’union entre les deux zones majeures des combats que sont à l’ouest la Champagne et à l’est Verdun. Pour chacun des deux adversaires, l’Argonne permet d’assurer les liaisons entre les deux champs de bataille. L’Argonne devient rapidement un verrou. A l’intérieur de l’Argonne, trois sites de combat s’individualisent : le bois de la Gruerie, le Four de Paris et Vauquois.

La guerre de position prend, dans cette forêt, un caractère spécial car ce ne sont que des fourrées presque impénétrables, et peu de chemin facile. L’humidité est grande avec toutes ses sources, la boue s’y forme rapidement. Les tranchées à peine creusées, sont envahies par l’eau et la boue que les soldats doivent évacuer sans relâche, parfois avec des moyens de fortune.  La fusillade est continuelle, les fusées ne cessent d’éclairer la nuit. Mais le fusil n’est que l’arme accessoire. A longueur de jour, les adversaires s’arrosent de grenades, de pétards et de bombes. L’affrontement tourne rapidement au corps à corps. Devant la difficulté d’aborder ouvertement les tranchées de l’adversaire, on s’efforce de s’en approcher en poussant des sapes en avant ou de faire sauter à coup de mines. Sous terre, c’est de part et d’autre un creusement incessant de galerie et de fourneaux de mines. Il faut faire sauter l’adversaire avant qu’il ne vous fasse sauter lui-même. De la fin de 1914 à la fin mars 1915, entre le Four de Paris et la vallée de l’Aire, les sapeurs français exécutent  plus de 3000m de galerie de mines, font exploser 52 fourneaux dont la charge a demandé 7200 kg d’explosif. Plus tard, la guerre des mines prend un développement autrement considérable, et l’on voit sauter les fourneaux chargés de plus de 60 000 kg d’explosif.

Le bois de la Gruerie, que les poilus appelèrent le bois de la tuerie, est de septembre 1914 à fin 1915, un des secteurs les plus agités et les plus dangereux du front. La guerre s’y fait dans des conditions particulièrement dures. Les attaques et les contre attaques sont quotidiennes.

A partir de 1916, le secteur se calme. Hormis le bombardement des tranchées, il est troublé de temps en temps par quelques luttes à la grenade, mais ce n’est plus le combat continuel et féroce de 1915.

L’Argonne reste calme pendant le premier semestre 1918. Cependant la bataille gagne de proche en proche, et le front de l’Argonne se rallume, à la date fixée par le Maréchal Foch dans le vaste plan offensif qui amène les allemands à la capitulation. Après la contre offensive alliée du 18 juillet qui a ramené les allemands sur la Vesle, les alliés doivent marquer un temps d’arrêt sur le centre du front. La bataille se déplace alors sur les ailes. Les offensives se succèdent. Les armées américaines et les armées françaises ont pour objectif de rejeter les allemands au-delà de la Meuse.

De la Meuse à l’ouest de l’Argonne, les américains ont en ligne trois corps d’armée : le 26 septembre 1918, la double attaque combinée se déclenche de part et d’autre de l’Argonne. Les américains s’emparent d’un seul élan la première position allemande. La deuxième ligne est aussitôt abordée et une avance moyenne le 6 km est obtenue. Les 29 et 30 septembre les allemands contre attaquent furieusement. Du 1er octobre au 31 octobre c’est la phase d’usure. L’avance effectuée pendant la première phase de l’attaque a amené les américains devant de nouvelles organisations allemandes puissamment défendues. Les français avancent dans la vallée de l’Aire. Le 4 octobre Pershing déclenche une attaque sur tout le front de l’armée. Une attaque générale est lancée le 14 octobre. A ces durs combats succède une période calme. Du 1er au 11 novembre, c’est la poursuite des offensives. En trois jours l’armée allemande a perdu 6000 hommes, souvent fait prisonniers.

Le 11 novembre, quelques dizaines de minutes avant que sonne l’armistice, les derniers combattants tombent à Vrigne-Meuse.

 

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